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Poison d’avril

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Ce poison a commencé à se répandre à petite dose depuis bien avant ce mois d’avril. Le Virus du COVID-19 s’est répandu dans le monde et a provoqué de nombreux décès et encore plus de malades. La réaction ne s’est pas faite attendre – ou peut-être, si, un petit peu quand même -. Suite aux mesures gouvernementales, nous voilà donc en confinement. Tous également traités de la même manière, mais il s’avère que nous ne sommes pas tous égaux face au confinement. Être cloitré chez soi, ce n’est pas la même chose quand on est seul dans un grand appartement avec terrasse que quand on est un couple avec trois enfants dans un maigre 43m2. Le télétravail, ce n’est pas la même chose quand votre employeur n’y voit pas d’inconvénient ou quand votre employeur vous rappelle que votre profession ne permet pas le télétravail et que le confinement ne sera pas pour vous. Pensez au personnel d’entretien, aux employés du bâtiment ou à d’autres encore.

Et le dernier point est bien sûr que nous ne sommes pas psychologiquement égaux. Certains se plaisent à rester une semaine chez eux rivés devant un écran, d’autres suffoquent au bout de deux jours. Nos limites psychologiques sont toutes particulières. Et ils nous faut prendre conscience de ces effets. Moi, en tant qu’auteur, j’ai énormément de chance. Toutes mes séances de co-écriture peuvent s’effectuer aussi bien à distance qu’en présentiel. Je suis donc passé à distance. Toutes mes interventions en atelier et autres stages que je donnais ne peuvent se faire car les écoles et centres qui m’accueillaient ont fermé leurs portes. Donc, ce problème est réglé. Mais je préfère voir le verre à moitié plein ( et ma chance est aussi le fait de pouvoir y arriver) et me dire que je gagne du temps pour avancer sur mes projets personnels. Sortir une fois par semaine pour les courses, ne plus prendre les transports en commun, travailler en vase clos ne me pose pas de souci majeur. Au contraire, c’est une manière d’avancer en perdant moins de temps. Combien de semaines vais-je tenir ? Je ne sais pas mais comme on dit: “Jusqu’ici, tout va bien…” alors je continue.

Ce virus nous amène dans une situation curieuse que nous n’avions jamais connu précédemment, en tout cas, pas ceux qui n’ont pas connu les guerres mondiales. Une situation de crise. Et dès lors, on repère de manière plus flagrante la dualité de la politique. Dualité qui se ressent dans les décisions de ceux qui nous gouvernent. Prendre des décisions de sécurité sanitaire, et prendre des décisions économiques viables. Il faut sauver les gens (sinon, bon, on a échoué quelque part quand même) et il faut faire tourner l’argent (sinon, le système s’écroule et nous e ferons les frais, paraît-il). Deux mesures qui impliquent parfois des décisions opposées. On ferme les écoles pour raisons sanitaires (limiter la contamination chez les enfants et le personnel scolaire), on les rouvre pour raisons économiques (permettre aux parents de poser leurs enfants quelque part pour retourner travailler).

Ce confinement soulève plein de questions, il nous montre comment l’air se dépollue du fait que la circulation de tout types de véhicule diminue, il montre l’inutilité pour certaines professions de se cantonner à du présentiel au bureau, il montre les pénuries de notre système de santé, il montre que nous n’avons pas tant besoin que cela de la société de consommation, bref, il fait émerger tout un tas de réflexions qui incite les gens à parler d’un “Après” différent. Le monde peut changer. Et pour certains, il est sûr qu’il changera.

Mais quand la machine se relancera, que tout le monde retournera travailler, que les voitures pollueront à nouveau, que les magasins rouvriront, appelant à la consommation pour sauver l’économie, que les gens n’auront plus de sujet d’inquiétude, il risque fort d’apparaître que l'”Après” ressemblera énormément à l'”Avant”.

Nous aurons encore eu une prise de conscience que le monde peut être géré différemment, peut évoluer différemment, que nous pouvons changer la donne. Encore une. Mais c’est tout. Rappelons qu’une prise de conscience n’est que le début d’un éventuel changement.

L’alcoolique peut prendre conscience qu’il a un problème avec l’alcool, c’est un énorme pas. Ce n’est pas pour autant qu’il s’arrête de boire et que son monde va changer. Nous avons bien conscience que l’argent a pris le pouvoir sur l’humain dans nos systèmes politiques. Ce n’est pas pour cela que nous allons replacer l’humain au cœur du système et changer notre monde.

Oui, le monde doit changer. Oui, nous en avons conscience. Mais non, nous n’agirons pas pour qu’il change. Pourquoi ? Parce que les problèmes de notre monde ne nous impactent pas directement ? On reproche aux gouvernements de n’agir qu’une fois dos au mur, pour ne pas se crasher, mais ne faisons-nous pas pareil quand il s’agit de changer notre monde ? Nous nous convainquons qu’il n’est pas assez mal en point pour agir, et surtout que sa chute ne nous impacte pas suffisamment pour que nous nous bougions. Finalement, le monde bascule et moi, je me dis “Jusqu’ici, tout va bien…” et je continue ma vie. Mais quelle action entreprendre à mon niveau pour faire évoluer le système ? Dans l’ignorance de la réponse, je reste immobile.

Finalement, ce poison qui coule en nous n’est pas le virus du COVID-19, c’est peut-être l’immobilisme, la lourdeur mentale qui nous empêche d’agir à bon escient pour changer. Et c’est une maladie grave dont nous souffrons tous, un mal bien plus dangereux que le COVID-19, un fléau dont nous n’avons pas encore pris conscience, nous, les humains. Une plaie qui scellera probablement notre perte un jour, mais bon, comme on dit souvent: “jusqu’ici, tout va bien” alors continuons à vivre ainsi… Ou pas ?

A bientôt.

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La BD numérique, de Angoulême à l’Internet

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Fin janvier, un long week-end se profile pour tous les fans de BD, il s’agit du rendez-vous incontournable de l’hiver, le FIBD. Comprenez Festival International de la Bande Dessinée qui s’installe à Angoulême. Ce festival est l’occasion de découvrir des BD, de faire la queue pour avoir des dédicaces, comme bon nombre de festivals BD. Mais c’est aussi et surtout la possibilité de découvrir au travers d’expositions, de rencontres, de masterclass, d’ateliers, de découvrir des œuvres, des auteurs, l’histoire de la BD et son avenir.

Je couvre le festival d’Angoulême pour 7BD depuis quelques années. On se retrouve avec d’autres collègues du site, comme Juju Gribouille, Flo ou Yann, pour couvrir des événements, prendre des photos, des notes, réaliser des interviews pour écrire des articles pour notre petit site sur la BD et son univers. De mon côté, j’ai voulu dans mes articles, entre autres sujets, en avant la BD numérique au festival.

Video-mapping nocturne avec des planches volantes sur l’hôtel de ville de Angoulême

A mes yeux, le festival d’Angoulême est fascinant par la quantité d’événements proposés. Il dure du jeudi au dimanche, avec maintenant des visites presse organisée le mercredi. Et bien si vous prenez ces quatre jours uniquement pour couvrir des événements et des expositions, vous ne pouvez tout faire ni tout voir ! c’est vous dire la richesse de ce vieux festival. Et, chose rare, le festival d’Angoulême propose des rencontres et des ateliers autour de la BD numérique. Le seul autre qui avait cette velléité à un moment était le festival LyonBD. Mais Angoulême détient la palme quant aux portes ouvertes sur le numérique.

Bon, j’avoue me sentir vraiment concerné par la BD numérique, en tant qu’auteur des aventures de Zéda ! Mais aussi en tant que membre du BD Lab, où nous sommes réunis avec quelques auteurs d’œuvres numériques, grâce au Laboratoire de l’édition, pour parler de la BD numérique et de son développement, de ses possibilités, de son actualité, et aussi de l’avancée de nos travaux respectifs.

Et cette année, à Angoulême, on a découvert pas mal d’avancées dans le domaine, avec l’application BDnF, lancée parla BnF, qui permet de créer votre propre BD numérique, la présentation d’un manga, Bravery, réalisé avec un outil de création innovant de BD numérique, ou encore la présence de plate-forme de diffusion de BD numérique, comme Mandrillcomics ou encore la toute jeune BayDay qui avait un stand. Si cela vous intéresse, j’ai parlé de tout cela plus en détail dans les articles suivants sur 7BD :

Il se passe énormément de choses. Tout cela avance. Mais ce qui nous manque, nous, auteurs pour le numérique de BD, c’est une plate-forme qui propose de diffuser de la BD numérique à différent formats spécifique de l’écran. Une plate-forme dans la même démarche que BayDay ou Mandrill, qui sont des plate-formes gratuites ouvertes à tous les auteurs, mais qui puisse proposer des formats numériques, comme le Webtoon, le Turbomédia, le Stripop, la BD interactive, avec du son (ou pas), des gifs (ou pas), d’autes tentatives (ou pas), enfin, un vrai palais pour que l’on puisse y trouver des œuvres reliées par leur envie de s’adapter à l’écran de manière spécifique. Un endroit où le lecteur pourrait faire son choix et découvrir des BD numériques de tout poils et de tout types.

Ce palais de la BD innovante serait-il un rêve ? Non, il est à portée de main. Les outils arrivent, comme l’outil de création de Kwalia, qui permettra de faire du Webtoon, du Turbomédia ou du scrolling horizontal, comme le Stripop. Les plate-formes peuvent le faire, Mandrill diffuse des gifs, des webtoons, mais pas de turbomédia. BayDay prévoit de s’ouvrir à la BD “enrichie”(comprenez créé spécifiquement pour le numérique) une fois que tout sera calé pour la diffusion de BD plus classiques.

Il nous faut juste patienter un peu et garder l’œil ouvert. Nous, auteurs, autant que vous, lecteurs. Cela fait des années que l’on nous dit que la BD numérique est à un tournant en France (tournant un peu franchi à l’étranger), mais j’ai l’impression que l’on s’approche du moment où ce tournant va être franchi…

A bientôt.

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Pamela Target, fin de la saison 2 !

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Hé oui, Pamela Target, la série audio que nous avons lancé avec mes deux co-auteurs et amis, Pascal et Katia, a passé un cap. Nous avons fini la saison 2 en décembre ! Si vous avez raté certains épisodes, ou si vous souhaitez écouter cette deuxième saison dans son intégralité, rendez-vous sur soundcloud :

Mais attention, si la saison deux est bouclée, la série n’est pas encore achevée. Elle finira en apothéose dans une saison trois délirante. Nous travaillons dessus et espérons bien revenir en force pour septembre 2020. Et d’ici là, bien sûr, nous aurons quelque surprises pour vous afin de vous faire patienter.

A bientôt…

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Que de Bulles à Saint-Malo

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Hé oui, fin octobre, c’était le Festival Quai des bulles à Saint-Malo. Un festival autour de la BD organisé par les auteurs pour le public ! Et un festival qui appartient maintenant à la catégorie des plus gros festivals de BD de France.

J’ai eu la chance, cette année encore, de pouvoir m’y rendre. Mais non pas avec ma casquette d’auteur mais avec celle de chroniqueur. En effet, depuis plusieurs années, l’écris des articles sur les albums BD, festivals et autres événements autour de la BD pour deux sites : 7BD et A VOIR A LIRE.

Et on (entendez par là les autres chroniqueurs et moi-même) avons la chance d’être envoyé aussi pour couvrir des festivals. Nous assistons aux conférences, visitons les expositions et écrivons en retour des articles sur le sujet. Mais cette année cette chance a été double. En effet, A VOIR A LIRE est partenaire du festival Quai des Bulles. Et du coup, le festival qui proposait des rencontres avec différents auteurs dans les cafés de la vieille ville avait besoin de présentateurs pour animer ces rencontres et ils ont donc fait appel à leur partenaire. C’est comme cela que j’ai eu la chance, en plus de pouvoir couvrir le festival, d’animer deux rencontres. L’une avec Riff Reb’s, qui avait une exposition consacrée à l’ensemble de son œuvre (dont ses magnifiques Marines) et l’autre avec Davy Mourier et Stan Silas, pour leur BD Chatons VS. Dinosaures !

Beaucoup d’angoisse dans la préparation et pendant l’heure de chaque rencontre, la peur de dire des bêtises (ce qui n’a pas manqué avec Riff Reb’s, qui a eu la gentillesse de ne pas m’en vouloir), et la crainte de ne pas réussir à amener le public à échanger. Car le but de ses rencontres en villes est de créer du liant entre auteur et festivalier. En effet, mon rôle était d’animer mais aussi le plus possible de créer l’interaction avec les gens afin qu’ils se sentent à l’aise et posent des questions aux auteurs.

J’ai eu la chance, après un démarrage un peu anxieux pour moi, d’avoir assisté à un moment de grâce avec Riff Reb’s. Beaucoup d’éléments imprévus ont joué. Nous étions en terrasse d’un café, donc au même niveau que le public, la terrasse était petite, donc les passants pouvaient voir qu’un événement avait lieu et s’arrêter. La pluie a poussé les gens à se serrer encore plus sous l’auvent. Et Riff a été d’une disponibilité et d’un dynamisme incroyable. Le lien s’est créé naturellement et les gens ont pu timidement posé leur première question avant de se lâcher et d’entrer dans un vrai échange avec Riff sur son parcours, ses techniques, ses inspirations…

La deuxième rencontre avec Stan Silas et Davy Mourier s’est bien passé. Le lieu, le café de l’Univers, était moins propice à la proximité. En effet, la rencontre se déroulait certes en terrasse, mais sur une estrade, nous élevant par rapport au public et du coup, nous en éloignant. La terrasse était profonde et donc le micro nécessaire pour être entendu du fond. Mais heureusement, par leur chaleur, leur complicité et leur humour débridé, Davy Mourier et Stan Silas ont recréé la proximité perdue et le public a fini par enter dans le jeu et poser nombre de questions.

Je suis certes auteur mais aussi grand amateur de BD. Ces rencontres ont donc été aussi l’occasion pour moi de croiser (ou recroiser car j’avais déjà interviewé Davy Mourier pour 7BD) et de découvrir des auteurs, dans leur techniques de travail, d’écriture et de dessin, dans leur référence et leur manière de voir le monde. Ce fut donc un double exercice stressant mais passionnant.

Du coup, entre ces deux rencontres, j’ai pu me détendre en allant faire le tour des expositions, et découvrir des auteurs que je ne connaissais pas voir en apprendre plus sur certains que je connaissais déjà.

C’est dans ces moments-là que l’on se rend compte que la richesse d’un festival, ce sont aussi les événements organisés autour des stands et des dédicaces. Ceux qui vous permettent de découvrir des œuvres, au cours d’expositions ou de conférences, et surtout les créateurs, les auteurs, derrière ces œuvres, dans des masterclass ou des rencontres à échelle humaine comme propose Quai des Bulles.

A bientôt…

PS : En souvenir de ce festival, je me suis fendu d’une petite chronique dessinée A VOIR A LIRE que je vous laisse découvrir.

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La vie d’indé

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Être Auteur, souvent, c’est être indépendant. Indépendant au sens de free-lance. Vous proposez vos services ou on vous les demande pour des missions plus ou moins longues, et vous rédigez un devis en début de mission, vous travaillez (enfin, si le devis est accepté) et vous envoyez une facture en fin de mission.

Si c’était aussi simple, ce serait déjà bien. Mais après cette étape-là, il y a la déclaration administrative. Nous autres auteurs relevons du statut d’auteur-artiste. Un peu les auto-entrepreneurs avant l’heure de l’artistique. On est peut-être libérés mais on n’est pas libéral pour autant. Bref, en tant qu’auteur-artiste, ce sont les AGESSA qui gèrent nos déclarations. Sur chaque montant reçu, on paye des charges, pour financer notre sécurité sociale, notre formation, notre retraite – sic -, et d’autres éléments. En pus, si on a besoin de conseils ou d’informations, on se tourne aussi vers les AGESSA. C’est cool, non ?

Et bien, tout cela va changer. Les AGESSA cède la gestion financière de nos charges à l’URSSAF. Arg. Et du coup, avant la fin de l’année, nous autres, auteurs et toutes professions dépendant des AGESSA et de la MAISON DES ARTISTES d’ailleurs, devront s’ouvrir un compte à l’URSSAF.

Et là, c’est beaucoup moins cool. J’ai essayé d’ouvrir un compte à l’URSAFF, histoire de prendre un peu d’avance. Mais on m’a expliqué que ce ne serait pas possible avant décembre. Soit. Je patiente donc en sachant que tout cela va se révéler compliqué.

Je parle de cela pour soulever la question, qu’est-ce qui a motivé ce changement de fonctionnement ? Le besoin de tout réunir au même endroit ? de rationaliser ? Mais cela change peu car les AGESSA/MDA (MAISON DES ARTISTES car ils ont fusionné ensemble entre temps) continue leur mission d’information et de conseils. Ce que l’URSAFF ne fera donc pas ? Car cela ferait doublon ? On aura donc des réponses du style “Pour savoir comment gérer votre compte URSAFF, adressez-vous aux AGESSA”. Quand on voit que pour contacter l’URSAFF par mail, il faut avoir créé un compte (ce qui est impossible pour l’instant), et que les contacts téléphoniques se font à l’aide d’un numéro payant, vous comprendrez mon inquiétude de savoir à quelle sauce je serais mangé. Inquiétude partagée par tous ceux qui sont dans la même situation.

Alors oui, auteur c’est être un indépendant, mais au final, on ne se retrouve pas si indépendant que cela. Condamnés, pour exister administrativement, à subir la machine URSAFF et ses rouages pas encore bien huilés (mais le seront-ils jamais ?), voilà où se limite notre indépendance d’artiste-auteur…

Si cela se révèle intéressant, ou tout du moins drôle, je reviendrais peut-être vous parler de cette transition en cours.

A bientôt…

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Storytelling

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Le storytelling a trouvé sa place dans tous les recoins de notre société. Les spectacles, les fictions, les documentaires, les publicités, – mais ça, on le sait de longue date -, mais aujourd’hui, les entreprises, le management, l’institutionnel, le storytelling est partout. Même pour se présenter, il faut une touche de storytelling. Le storytelling, c’est mettre un peu de narration dans le message que vous voulez faire passer. tout simplement. Viser l’émotion, raconter quelque chose.

Et du coup, qui dit storytelling dit… Storyteller ! En effet, il faut bien quelqu’un pour mettre de la narration et de l’émotion dans vos messages. On pourrait dès lors penser que les auteurs – les mieux placés pour faire du storytelling – vont trouver leur place, et même une bonne place, dans notre société.

Et bien non, la situation des auteurs est toujours aussi catastrophique. J’enfonce des portes ouvertes, mais il est quand même aberrant que celui qui écrit l’histoire à partir de laquelle on va faire un film, une pub, une BD, un message publicitaire, une présentation institutionnelle, ou que sais-je encore, soit celui dont le travail soit le moins reconnu. Celui dont on considère qu’il est normal qu’il soit payé en dernier, voire pas payé du tout.

Ce n’est pas vrai dans tous les secteurs, bien sûr, mais c’est malheureusement la norme dans beaucoup. L’auteur est souvent un travailleur indépendant, au statut d’auteur-artiste. Il est réglé sur facture. Mais tous les porteurs de projet savent qu’il existe cette phrase “Il est normal que tu travailles sans être payé, c’est ton projet, il te tient à cœur, non ?”. Vous noterez que quand une production initie un projet, les employés de la boite de prod gagnent un salaire à la fin du mois quand même. Quand vous venez les voir avec votre projet, on vous demande contribution – normal – et on vous sort la phrase fatidique précédente – moins normal -. Et au pire, si vous vous plaignez, ce n’est pas grave, personne ne donnera suite à votre projet.

Mais que faire alors ? Refuser tout en bloc ? Passer des heures à négocier pour ne rien obtenir ? Tout accepter en espérant des jours meilleurs ?

Je n’ai malheureusement pas de réponses qui fonctionnent, aucune solution miracle. Et nous sommes nombreux dans cette galère, à chercher le remède. Et pas seulement les porteurs de projet, mais aussi les auteurs qui travaillent peu ou pas payé sur des projets qui ne sont pas les leurs.

Aujourd’hui, personnellement, je rejette la solution tout accepter en attendant des jours meilleurs. J’accepte l’idée que mon travail a de la valeur et donc un prix. Et je calcule un prix décent pour le travail que je fais, un prix qui me permet de vivre décemment, pas dans le luxe, mais pas non plus dans la limite du seuil de pauvreté, et donc un prix honnête. Un seuil en-dessous duquel je ne descendrai pas. Et je m’y tiens, même si parfois ça me coûte une mission.

J’admets le principe que travailler avec des gens qui pensent m’exploiter me rapportera finalement moins que de ne pas travailler. En terme de disponibilité de temps, d’esprit, en terme de stress – bizarrement, les gens qui payent mal sont souvent les plus exigeants -.

Et aujourd’hui, je préfère galérer pour avancer et travailler rarement sur des projets rémunérateurs que d’avancer en travaillant souvent sur des projets qui payent mal et qui prennent trop de temps.

Évidemment, c’est un choix personnel. Je ne le recommande à personne. Pour moi, il fonctionne. Je ne suis pas riche, mais je suis bien dans ma peau. Finalement, la publicité m’aura appris une chose.

J’ai effectivement le pouvoir de dire non.

A bientôt…

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écrire et… raconter

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Écrire, nous le faisons tous les jours. Écrire des SMS, des mails, des adresses sur des enveloppes, remplir des formulaires. C’est quelque chose que nous avons eu la chance d’apprendre. Nous, cela veut dire une majorité de personnes, mais pas tous. Car dans le monde, il y a des milliers, des millions de personnes qui ne savent pas forcément écrire. Plus de 770 millions d’après l’ISU (L’Institut de Statistiques de l’UNESCO). Pour 7 milliards d’humains, cela fait environ 10% des gens qui ne savent pas écrire correctement, voire pas du tout.

10% ça fait peu, mais 770 millions, ça fait beaucoup. Toujours la différence entre relatif et absolu. Ce n’était pas mon sujet de départ, mais ce chiffre de 770 millions m’a un peu interloqué. Alors j’ai fait un détour pour en parler. Je pensais être chanceux, mais je suis doublement chanceux.

En effet, j’ai la chance de savoir lire et écrire correctement. Et j’ai la chance de pouvoir utiliser cette compétence pour raconter des histoires qui apportent un peu de rêve aux autres. Bien sûr, entre écrire des mails et écrire une fiction, il y a plus qu’un pas, et il n’est pas petit. La compétence d’écrire suffit pour écrire, mais elle ne suffit pas forcément pour raconter. Là, il y a d’autres compétences à développer.

D’autres compétences pas forcément dépendantes de l’écriture, car au tout début, avant l’écriture, on racontait de façon orale. Je peux citer les griots d’Afrique mais aussi les conteurs de tous les pays du monde. L’écriture a permis de fixer les histoires, elle n’a pas permis de les raconter.

Je m’attarde car souvent, on rencontre quelqu’un qui n’a jamais raconté prétendre que écrire une histoire, ce n’est pas compliqué, que c’est facile, qu’il pourrait en écrire des livres ou des films. Je pense que là, on mélange deux domaines, l’écriture et la narration. Aujourd’hui, il est normal de faire cette confusion car les deux sont intimement liés. On “écrit” un livre, on le publie, mais on oublie qu’on raconte l’histoire avant de la mettre sur papier, ou, au moins, au fur et à mesure qu’on la met sur papier. On “écrit” aussi une chanson, une pièce de théâtre, un poème, une BD, etc, etc…

Je me suis rendu copte de cela en réalisant des BD. Au départ, j’écrivais mes strips sous forme de petit scénario en trois lignes, ou moins. Et puis, je crobardais les cases – comprenez, je dessinais des dessins petits et brouillons pour me faire une idée du contenu des cases -, je crayonnais, j’encrais et zou, tout le monde au scan pour la publication. Et puis avec le temps, j’ai franchi un cap. Pour les histoires courtes, je les corbarde directement. Donc, techniquement, je n’écris plus ces histoires, je les dessine.

Est-ce que je cesse d’être un auteur pour autant ? Non. Pas plus que le romancier qui raconte son roman à son dictaphone et n’écrit pas une ligne. Pourtant, son roman est là, dans la boîte. Savoir raconter, ce n’est pas forcément savoir écrire.

Écrire a l’avantage de vous permettre de poser les choses sur papier (ou sur écran) et d’y réfléchir, d’y revenir, de retrouver e que vous aviez écrit plus tôt. C’est une aide capitale pour avancer et structurer son histoire, pour la relire et la corriger, l’améliorer. Mais ce n’est pas tout. Avant l’écriture, au-delà de l’écriture, il y a l’acte de raconter. Ça s’apprend. Et dans ce monde, je crois qu’il y a plus de gens qui ne savent pas raconter une histoire, la créer de toutes pièces, que de gens qui ne savent pas écrire. Mais je pense aussi que dans ces 770 millions de gens qui ne savent pas utiliser une plume ou un clavier, il y en a beaucoup qui n’auraient pas leur pareil pour vous raconter une histoire.

Mais heureusement pour nous tous, écrire, raconter, les deux s’apprennent.

A bientôt…

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Germent les rêves…

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Bonjour à tous,

Et voilà le printemps. renouvellement du cycle de la nature, renouvellement des fleurs et des germes, renouvellement de la vie, et renouvellement de l’inspiration ?

D’où nous vient l’inspiration ? On l’a ou on ne l’a pas ? Et si on ne l’a pas, comment faire ? Est-ce qu’elle se contrôle ? Autant de questions dont je n’ai pas forcément les réponses. et pour les quelques que j’ai, rien ne vous garantira qu’elles sont les bonnes. Mais je vais quand même tenter de partager avec vous mon fonctionnement intérieur. Tout de personnel et rien de général, donc.

D’où me vient l’inspiration ? Je me retrouve devant une page blanche, ayant pour travail (rémunéré ou non) d’écrire une histoire, un embryon de récit, un bourgeon d’idée. Et bien parfois, ça vient, je n’ai pas à chercher longtemps, tout coule, tout roule. Et parfois ça ne vient pas. Et c’est ce qui nous intéresse précisément. Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas-là ? Qu’est-ce que je fais dans ce cas-là ? J’imagine les personnages, des personnages, une situation, j’essaye de laisser venir une scène, une piste, je regarde oùje dois aller, si je ne sais pas, j’essaye de trouver comment tout cela doit finir, pour revenir au début. Je triture, je remanie, je cogite, je me dissipe, j’abandonne, je reviens, je recommence. Bref, je n’ai pas de méthode en trois points. Je cherche le fil. Parce que chaque histoire a un fil. Votre histoire est quelque part autour de vous, elle flotte, elle attend. Elle attend que vous trouviez le fil, et ce fil, une fois que vous l’avez, il faut sentir que vous l’avez, et le tirer, et beaucoup de choses vont se dérouler. Pas tout, il faudra encore agencer, écrire, réécrire, mais ça, c’est une autre histoire.

At-ton l’inspiration, ou ne l’a-t-on pas ? Si on ne l’a pas, comment faire ? Je ne sais pas quand l’inspiration a commencé à être là. Si elle n’a pasété là de tout temps. Si à un moment, j’ai juste perçu le fil, et que je suis parvenu à le tirer, puis à en voir un autre, et ainsi de suite.Mais comment voir le fil. Comment faire si on ne le voit pas. Moi, je m’entraîne. Lire des livres, des BD, regarder des films, voir des expositions, écouter des musiques, des chansons. Et pas seulement au moment où vous avez besoin d’avoir de l’inspiration, mais tout le temps, tous les jours. Moi, c’est ma méthode. Est-ce que c’est ça qui marche ? Peut-être, je ne le jurerais pas, mais je pense que ça m’aide.

Mais une fois que l’on a dit tout cela, qu’on s’entraîne, qu’on travaille, qu’on cherche le fil, qu’on le trouve même, ensuite, est-ce que l’inspiration se contrôle ? Aucune idée. Pour ma part, est-ce que je contrôle mon inspiration ? Je ne pense pas. Je tente à chaque fois de trouver le fil, avec l’angoisse d’échouer, de ne pas le trouver. Mais j’ai travaillé avec différentes personnes qui avaient leur manière de trouver le fil, s’isoler, parler de tout et de rien, échanger avec une personne sur des points de l’histoire, chacun sa méthode.

Mais comme je disais plus haut, une fois le fil attrapé, il faut le tirer, et réunir les éléments de l’histoire. Et après, c’est une autre paire de manches . Tous ces morceaux d’histoire, il faut les structurer, les lier, les organiser. ET c’est là que commence le dur travail du scénariste, c’est la qu’on utilise les techniques, les règles de narration. Mais ça, c’est une autre histoire.

En attendant, n’oubliez pas, quelque part, autour de vous, flotte les fils des histoires que vous avez envie de raconter. Essayer de le voir, de le sentir, et de le saisir…

A bientôt,

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Premiers vœux

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Bonjour à tous,

Je saisis l’occasion pour vous souhaiter une bonne année 2019 ! Ce sont les premiers vœux que je formule depuis ce site alors c’était aussi l’occasion de marquer le coup. Mais comment ? Pas de nouvelles particulières en ce début d’année, de nouveaux partenariats, de nouvelles résolutions, rien d’autre que les vœux qui justifie cet article.

Ce qui soulève une question: Faut-il toujours avoir une raison pour écrire ? Doit-on rentrer dans le cadre éternel de la dramaturgie pour toutes les histoires que l’on souhaite raconter, quelque soit leur format, du haïku de Basho ou du strip de Schultz jusqu’à la tétralogie de Wagner ou la comédie humaine de Balzac ?

Je réponds: non, pas forcément. En fait, pour savoir outrepasser les règles, il vaut mieux les connaître. Nous sommes libres d’écrire comme nous voulons, comme un architecte est libre de construire comme il veut. Mais deux choses rentrent en compte. Tout d’abord, pour quelle raison on écrit, et ensuite pour qui on écrit.

L’architecte doit savoir pourquoi il construit, et ensuite à qui ou quoi est destiné le bâtiment qu’il construit. Car cela va influencer sa manière de construire. L’auteur aussi.

Pourquoi j’écris ? Parce que je ne peux pas faire autrement. C’est le moment où je suis bien : quand je pose mes histoires sur le papier, quand je les dessine, quand je les filme, quand je les joue. Il n’y a pas grand-chose d’autre qui me fasse autant plaisir. Alors j’ai pris la décision de vouloir vivre de mes histoires, même si c’est compliqué. Ce n’était pas possible pour moi de vivre dans un travail inintéressant mais au salaire régulier et confortable à mes yeux les deux tiers de ma journée et de passer le dernier tiers à créer.

Je voulais créer la majeure partie de ma journée, quitte à galérer pour joindre les deux bouts et à n’avoir aucun salaire fixe. Aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. J’ai essayé les deux solutions et il ne fait aucun doute que je préfère ramer et créer.

Ce qui amène la deuxième question : Pour qui j’écris ? Quand on me passe une commande pour un scénario de Jeu ou de film, en discutant avec les gens, je sais qui est le public. Quand il s’agit de mes propres travaux, c’est plus difficile de définir qui aime mes histoires. Et du coup, je tournerai la question autrement : Qui sont les gens qui ont envie de lire mes histoires ?

Et bien cela, je suis encore aujourd’hui en train d’essayer de le comprendre. Alors du coup, pour m’aider à écrire, je me considère comme mon premier public, et j’écris des histoires que j’aime, dont je sois fier.

J’écris pour moi et pour les gens qui aiment les mêmes choses que moi, qui ont une vision du monde proche de la mienne, qui recherchent aussi des histoires qu’ils ne trouvent pas dans le mainstream qu’on leur propose autour d’eux. Ma seule question reste comment atteindre ces gens-là que je ne connais pas ?

Et le fait de savoir cela me permet d’expérimenter les zones de narration autour des règles et principes. Une histoire qui marche est une histoire qui provoque des émotions. Qu’elle suive les lignes définies par Aristote ou pas.

Alors en ce début d’année, je vous souhaite de trouver l’activité qui peut vous maintenir concentrée et attentif huit heures d’affilée sans jamais vous arrêter ni pour manger ni pour boire. Et une fois que vous l’aurez trouvé, je vous conseille de tout faire pour essayer d’en vivre.

Et si vous y arrivez, alors vous aurez trouvé le bonheur.

A bientôt…

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Tombent les feuilles

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Octobre. de quoi parle-ton souvent en octobre ? En premier lieu vient Halloween. Je pourrais partir dans un article pour vous raconter d’où vient Halloween, et on parlerait citrouille, Samaïn mais bon. Beaucoup l’ont fait et sans aucun doute mieux que je ne le ferais.

Je pourrais parler des feuilles mortes et vous dégoter un petit haïku sur le sujet avant de me lancer dans une longue interprétation et explication de textes pour trois petits vers.

Quand souffle le vent du nord –
Les feuilles mortes
Fraternisent au sud.

Yosa Buson (1716-1783)

Je vous offre le haïku mais je vous épargne l’interprétation. Déjà parce que je ne parle pas Japonais, et ensuite, car la culture me fait défaut pour interpréter toutes les nuances et deuxièmes sens et autres jeux de mots que l’on peut trouver dans ces petites perles condensées.

Octobre, c’est aussi l’automne. Et donc une certaine mélancolie. Il est encore un peu tôt pour chanter “Novembre toute l’année” mais c’est un peu l’idée que dégage cette chanson de Benjamin Biolay. Et qu’est-ce qui relie mélancolie et automne ? Est-ce parce que c’est la saison de transition qui annonce l’hiver ? Les arbres, les animaux, bref, la nature se prépare pour le grand blanc et le long silence. Est-ce parce que c’est la fin d’un cycle ? Du coup, chacun pense plus inconsciemment à ce qu’il a fait du cycle qui se termine, et les réponses appellent souvent à la mélancolie.

Cequi peut nous amener à à la question suivante : Trouvons-nous l’automne mélancolique car la saison se révèle comme inspirante dans le domaine des regrets et des changements ou bien est-ce parce que on a grandi dans une culture qui nous a répété pendant des années que l’automne, c’est mélancolique ?

Trouverions-nous l’automne tout aussi mélancolique si autour de nous, depuis notre enfance, on nous avait râbaché et montré que l’automne c’est la fête, que l’on va brûler les feuilles mortes et faire des grands feux de joie pour s’éclater et danser encore une dernière fois avant l’hiver ?

Si notre manière de percevoir l’automne dépend de notre culture, alors par extension, notre manière de percevoir les histoires aussi, non ? Les codes qu’elles utilisent, comme la scène de rupture d’un couple dans un bois où les feuilles rouges tombent autour du couple, s’appuient sur les codes culturels que nous avons inconsciemment absorbés pendant notre vie.

Et à quel point l’absence de connaissances des codes peut-elle nous empêcher de rentrer dans une histoire ? Et du coup, pourrais-je écrire des récits pour un public Japonais, Zoulou ou Inuit ? Il paraît que c’est possible, que Chaplin est universel et qu’il fait rire des berges de l’Amazonie jusqu’au confins de la steppe. Je ne suis jamais allé vérifier cela. Et du coup, je me fait le relais de cette information qui dit que les amazoniens seraient pliés en deux en voyant les sketches de Charlot.

On diot que le rire est universel, mais d’un autre côté, on dit aussi que l’on rit tous de choses différentes. Je pense qu’effectivement, les émotions sont universelles, mais que ce qui les provoque ne l’est pas. C’est même bien plus étroit que simplement culturel. Je veux dire, dans une même culture, deux personnes ne ressentiront pas les mêmes émotions face aux mêmes événements.

Alors comment raconter une histoire qui touche un maximum de monde ? Il n’y a pas de recettes miracle pour cela. Enfin, il y a un ingrédient de base, savoir pour qui l’on écrit. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut croire à ce que l’on fait, le faire du mieux que l’on puisse, et s’en remettre au hasard, divin ou pas. Et peut-être commencer par raconter quelque chose qui nous touche nous, auteur, nous, créateur de l’histoire.

En Post-scriptum,; cela me rappelle un livre que j’avais lu il y a quelques années, “Qu’est-ce que la littérature ?” de Jean-Paul Sartre. L’auteur se penche sur qui sont ceux qui écrivent les livres et pour qui ils les écrivent, et comment cela évolue au cours de l’histoire. Vous avez le titre, vous avez l’auteur, vous arriverez bien à le trouver par vous-même. Après tout, rechercher un livre, ça peut devenir le début d’une histoire.

A bientôt…

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